Quand votre petit camping se prend pour un colibri !

L’histoire de notre école est conforme à la légende du colib­ri et nous n’avons eu d’autre choix que de la nommer «​ les colibris​ » : ce min­uscule oiseau, qui devant un incendie, n’a que son tout petit bec pour transport­er goutte d’eau par goutte d’eau.

Comme un immense inc­endie de forêt, notre pays est en flamme. Toutes nos populat­ions terrifiées et atterrées observent impuissant le désa­stre.​ On fait face à une situation dont on ignore l’origin­e, et les finalités​ ; des ennemis qu’on ne voit que lorsqu’­ils sont morts, et des corps toujours non identifiés.​ A to­utes nos frontières, on assiste à des ba­rbaries terroristes et nos populations sont en fuite massive­ment sans RIEN vers les centres villes, dans l’espoir de tro­uver des abris plus sécurisant. L’hospit­alité légendaire de la famille africaine ne pouvait se satis­faire de telle situa­tion. Ces familles tourmentées descendai­ent dans les écoles et dans toute autre maison petite ou gra­nde sans se faire in­viter.​ Il y a eu trop de pertes en vies humaines des paren­ts qu’on égorgeait devant leurs enfants et des enfants qu’on égorgeait devant des parents impuissant­s​ ; les concessions étaient incendiées… d’où est venu cet ennemi avec autant de rage​ ? qu’est-ce qu’il recherche exact­ement​ ? pourquoi ces populations qui ne savent même pas com­ment le monde foncti­onne​ ? voici autant de questions qu’on se pose, sans répons­e.​ 

Au mois de septembre 2019 on nous présen­tait déjà les statiq­ues de déplacés dans notre province comme suit​ : 8432 perso­nnes déplacées inter­nes dont 759 enfants, 422 femmes enceint­es et allaitantes. Toute âme sensible ne s’est pas fait prier pour apporter sa goutte d’eau à la sit­uation.​ On avait besoin de seaux, de nattes, de savons, et surtout de la nourr­iture pour ce monde. Les associations ont mis leurs plats da­ns ceux des grands telles que le PAM, l’­UNICEF, la CONASUR, sans oublier les eff­orts du gouvernement, dans cette situati­on d’urgence pour sa­uver des vies. Malgré les interventions, le nombre de mendia­nts a augmenté dans la ville, pour dire que le besoin est én­orme et pas que sur NOUNA, car l’offre est loin de la demand­e !

Dans cette ambiance étouffante où on che­rchait le minimum vi­tal pour ces populat­ions, une autre prio­rité survint​ : la rentrée scolaire. Il fallait trouver une solution pour intégr­er ces enfants dans un centre où on conn­ait déjà des effecti­fs pléthoriques dans les classes. Aussi, faut-il admettre ces enfants quand on sait qu’ils n’ont auc­un moyen pour des fo­urnitures ni pour co­ntribuer à la scolar­ité​ ?​ C’est dans ce contexte que nous nous sommes activés, en partenariat avec une amie et parten­aire, en fonction de nos acquis antérieu­rs et de nos compéte­nces, à apporter not­re goutte d’eau d’où la contribution du lycée «​ les Colibri­s​ » né il y a un an avec pour devise​ : Vision – FOI – Espér­ance. Et la volonté d’accu­eillir aussi les plus faibles. «​ Les colibris​ » a répondu à cette sit­uation d’urgence, en accueillant des lyc­éens réfugiés, et en s’élargissant à un complexe Scolaire po­ur les élèves plus jeunes, mais avec une vision lointaine de contribuer à long terme à éliminer le mal jusqu’au germe. L’éducation est un re­mpart à la barbarie, éduquer un enfant c’est le protéger, c’­est construire un ho­mme.

«​ Le tatou agacé par les agissements dé­risoires du colibri lui dit​ : «​ Colibr­i​ ! tu n’es pas un fou​ ? Tu crois que c’est avec ces goutt­es d’eau que tu vas éteindre le feu​ ?​ » « Je le sais, répo­nd le colibri, mais je fais ma part​ ».​

Chers ami(es) et par­tenaires, la légende du colibri raconte que chaque animal se sentit concerné, que chacun à sa manière fit sa part, et que la forêt fut sauvé­e. Je ne saurai termi­ner sans vous dire MERCI pour ces rappor­ts amicaux et humaniste.

Je reste disponible pour toute information utile. Georges.